
En cette année symbolique du 50e des Jeux olympiques d’été de 1976 et dans le contexte du remplacement du toit du Stade olympique, aussi appelé “Big O”, il est important d’analyser cette icône et de comprendre son histoire, tout particulièrement l’impact de la transformation de ce monument, au niveau environnemental.
Entre fierté et controverse, les avis sur le Stade olympique sont très partagés entre les Québécois et les Montréalais. Cela pose une question centrale pour le sport moderne : Les grandes infrastructures sportives doivent-elles être démolies… ou réinventées ?
Cette série en trois articles vise à documenter une réalité rarement analysée dans le sport : la gestion environnementale d’une méga-infrastructure existante.
Peut-on transformer une mégastructure en modèle environnemental?
Alors que le Stade olympique entre dans la phase 3 du projet avec l’installation de la nouvelle toiture, ce sont plus de 135 tonnes de matériaux qui ont été extraits lors du démantèlement. Il est légitime de se demander quel sera l’avenir d’autant de matière. L’économie circulaire appliquée au Stade olympique de Montréal devient une référence mondiale.
Rénover une infrastructure existante permet d’éviter les émissions liées à la production de béton, acier et matériaux neufs, qui représentent la majorité de l’empreinte carbone d’un stade.
Série “Parc O” – est une série d’articles sur le Parc olympique de Montréal pour observer tous les changements depuis 50 ans et sa transition écologique. À travers cette série de 3 chapitres, vous pourrez lire notre rencontre avec Joëlle Brodeur, PDG du Parc olympique, découvrir les étapes du démantèlement de la toiture du Stade olympique et toutes les initiatives d’économie circulaire.

Quels projets circulaires ?
Plus de 135 tonnes de matières ont été extraites du toit du Stade olympique et grâce au démantèlement elles trouveront une seconde vie. En date de cet article, ce sont 33% de matériaux (soit 45 tonnes) qui ont été revalorisés.
Pourquoi un démantèlement de la toiture ?
Le démantèlement regroupe les opérations visant à évacuer les matières et déchets provenant d’une installation, au lieu de la démolir et tout envoyer à l’enfouissement. Lors du démantèlement du toit du Stade olympique, le but va au-delà de recycler les matières mais de les réutiliser, pour leur donner une seconde vie.
Nadir Guenfoud : « Presque tout est récupérable : cadres, câbles, acier, poteaux, toile. La toile représente l’équivalent de quatre à cinq terrains de soccer, sans compter les stocks qu’on avait en entrepôt. »
Chaque projet bénéficie de matières premières déjà disponibles, sans avoir à les extraire à nouveau. Selon le Parc olympique, les éléments de l’ancienne toiture qui ont été extraits et récupérés sont le bois, la toile, les câbles et des éléments de structure tubulaire.
La toile : L’ancienne toiture du Stade olympique est formée d’une toile, constituée de deux membranes, dont la membrane intérieure bleue et la membrane extérieure blanche.
- Création de sacs à dos et sacs de sport (Iso-Protek) – Il y aura une production d’autres produits.
Sacs thermiques – ISO-PROTEK – La toiture du Stade olympique
- Fabrication de sacs à dos, sacs à main, pochettes, porte-clés, etc. (Atelier 1142) – L’artiste continue à en produire.
Sacs et accessoires – Atelier 1142 – La toiture du Stade olympique

- Fabrication de coques de voiliers (Jeunes Marins Urbains) – prototype terminé, et autres à venir
Coque d’un bateau – Jeunes Marins Urbains – La toiture du Stade olympique

Le bois :
- 12 planches de bois provenant de la toiture du Stade olympique ont été réutilisées pour fabriquer tout le design en bois de la boutique des filles Fattoush passant des comptoirs, aux étagères et aux finitions architecturales. (designer : Rũmker)
Nouveau local – Les Filles Fattoush – La toiture du Stade olympique
Les câbles seront réutilisés dans de futures œuvres artistiques, tandis que les mâts volants connaîtront une seconde vie à travers des projets d’aménagement et de mobilier urbain.
Et au-delà du toit ?
Il y a aussi des bancs que l’on retrouvait à l’intérieur du Stade. Voici quelques exemples de projets terminés, en cours et à venir.
Les bancs du Stade : Plus de 500 sièges à gradins du Stade olympique ont trouvé une seconde vie, notamment lors d’une donation publique d’environ 400 sièges. On les retrouve sur la rue Ste-Catherine Est (150 sièges roses), et dans un centre communautaire, une école et une organisation de baseball. Une nouvelle vie pour les sièges à gradins du Stade olympique – La toiture du Stade olympique
Autres projets :
- Bacs à fleurs pour une résidence et pour le Parc olympique (Taktik Design)
- Ombrières sur la rue Ontario (quartier Mercier-Hochelaga Maisonneuve)
Les projets se développent et se concrétisent, pour la plupart, à Montréal et ses environs.
Nadir Guenfoud : « On vise à tout écouler dans une perspective de 12 à 18 mois. On veut éviter l’enfouissement. On a des projets à l’étude, des partenariats en développement. »
Conclusion
Le Stade olympique ne se contente pas de changer de toiture. Il redéfinit la manière dont le sport peut gérer son héritage bâti.
L’économie circulaire n’est plus une théorie : elle s’applique désormais aux plus grands stades du monde.


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