60e finale des Jeux du Québec

Les Jeux du Québec 2026 ont lieu à Blainville, Québec, du 27 février au 7 mars, pour la 60e édition. Sur 8 jours, ce sont plus de 3 000 athlètes qui s’affronteront dans 18 sports. Après des Jeux d’hiver riches en émotions, c’est la relève québécoise de 12 à 17 ans qui a ses propres jeux hivernaux.

Chaque édition des Jeux du Québec doit désormais déposer une politique de développement durable et produire une validation post-événement. Ceci dit, ce comité a bien l’intention de faire de ces Jeux du Québec des Jeux durables jusqu’à regarder comment laisser un héritage pour les prochaines éditions. Ces Jeux priorisent la durabilité environnementale avec de très nombreuses actions écoresponsables mais aussi une méthode reproductible, que vous découvrirez ci-dessous.

Du choix d’une méthode claire à la mobilité passant par un héritage qui se transmet d’édition en édition. Tout a été pensé pour réduire l’empreinte écologique et laisser un héritage durable à la population locale. Pour comprendre cette démarche, nous avons interrogé le comité organisateur notamment Geneviève Fournier, la directrice communication et financement, ainsi que Patrick Mallon, le responsable du développement durable. Une vision qui va marquer une édition et les prochains Jeux du Québec. 


Le saviez-vous ?

Genviève Fournier me partageait le fait qu’en 2009, les premiers “Jeux verts” mobilisaient la population avec des ampoules vertes sur les perrons. Une belle marque marketing et très précurseur sur la sensibilisation à l’environnement.

En 2026, le niveau d’enjeux a changé, voyons où nous en sommes avec ces jeux, pour ce qui est des initiatives. Sommes-nous du marketing ou de l’adaptation à une nouvelle réalité ?


Geneviève Fournier – “On est allé plus loin que ce qu’on pensait aller dans la candidature “

Affiche des Jeux du Québec de Blainville.

Une méthode efficace ?

La volonté et la logique du comité organisateur sont de tout questionner en amont afin de trouver des solutions et d’optimiser les efforts de toute l’équipe. Ce qui distingue les Jeux de Québec 2026, ce n’est pas seulement la liste d’actions, mais aussi la méthode.

Nous avons découvert une méthode très intéressante et prometteuse, décrite par Patrick Mallon, responsable du développement durable pour les Jeux du Québec 2026. 

Cette méthode consiste à “toujours prendre en considération ce qui aura le plus d’impact pour trouver une solution et si ce n’est pas possible regarder une alternative”, selon Patrick Mallon.

Suite aux échanges avec Patrick et Geneviève, nous avons isolé une méthode sous 5 principes pour un événement sportif plus écoresponsable :

  • Réunir tous les collaborateurs dès le départ
  • Questionner chaque achat et chaque emballage
  • Réduire à la source avant de compenser
  • Prioriser les actions à fort impact
  • Accepter qu’on ne puisse pas tout faire mais agir là où c’est possible 

Patrick Mallon : « Toujours prendre en considération ce qui aura le plus d’impact. »

Actions concrètes et mesurées

Le comité organisateur a mis en place des îlots de tri en collaboration avec Enviro Connexion. Cet organisme va prendre en charge plusieurs actions :

  • La mesure des matières résiduelles 
  • La formation d’une brigade verte 
  • Le don de nourriture pour éviter le gaspillage à une organisme local

La consigne des contenants de bouteille et canette sera gérée par les scoots pour redonner dans la communauté. La consigne est une bonne manière de récupérer de l’argent sur les consommations vendues ou les contenants amenés par les athlètes. C’est l’occasion de reverser à un organisme local ou à une mission environnementale.

Le comité a anticipé ces achats pour les athlètes en favorisant l’achat avec une entreprise locale notamment “Poche et Fils” pour les chandails des athlètes. Des vêtements confectionnés au Québec et non emballés individuellement. Nous avons beaucoup aimé leur approche vis-à-vis des articles achetés ou des produits dérivés, ils ont demandé à tous les fournisseurs de supprimer les emballages individuels pour éviter l’utilisation de plastique inutile et surtout à usage unique. 

C’est une bonne pratique que nous vous invitons à mettre en œuvre dans vos commandes auprès des fournisseurs. Il y a plusieurs avantages :

  • Éviter les sur-emballages
  • Diminuer le plastique à usage unique
  • Réduction de son empreinte
  • Gain de temps au moment de la répartition 

Geneviève Fournier : « La clé est dans la planification. »

Héritage durable et transférable

Un événement multi-sites pose un défi logistique majeur. Le comité a bien saisi cet enjeu, c’est la logistique du matériel sportif et des outils de communication. Les Jeux se font sur 11 sites et dans plusieurs villes (Blainville, Saint-Jérôme, Laval, Boisbriand). Il y a une volonté de trouver du matériel générique transférable d’un site à l’autre, pour être réutilisé.

Transférable entre les sites lors d’une édition mais aussi entre les Jeux. 

Aussi selon le comité organisateur, Sport Québec met à disposition des installations et du matériel hérités des éditions antérieures à chaque nouvelle édition. Ce sont des camions qui transite de jeux en jeux comprenant : 

  • Bannières
  • Matelas gonflables pour les missionnaires
  • Micro-onde

Le comité organisateur des Jeux du Québec 2026 désire laisser un héritage à son tour en 

remplaçant ou améliorant du matériel comme l’achat de bac en plastique pour protéger les outils, selon Geneviève Fournier. 

Sport+Éco : Avez-vous un plan de contingence en cas de changement de température ou de manque de neige ?

Avec les changements climatiques, les sports d’hiver sont de plus en plus vulnérables et exposés à ces enjeux. Les variations rapides de température, la pluie en février, le manque de neige, les redoux prolongés sont des phénomènes qui ne sont plus exceptionnels, mais la nouvelle réalité des organisateurs d’événements sportifs peut affecter grandement les compétitions, voire les annuler. 

Il est de plus en plus important de prévoir un plan de contingence qui prévoit tous les scénarios. Un plan de contingence climatique n’est plus un « plus » mais un pilier stratégique. 

Dans le cas précis des Jeux du Québec nous étions surpris d’apprendre que la seule compétition qui se déroulera à l’extérieur sera le ski de fond. Ce qui réduit l’exposition du comité à ces enjeux. 

Le comité organisateur a structuré son calendrier de manière stratégique :

  • Le bloc de ski de fond est positionné en tout début des Jeux (Bloc 1 sur 4 jours), afin de maximiser les probabilités de températures plus froides.
  • Se laisser une marge de manoeuvre avec la possibilité de décalage prévue si les conditions l’exigent, sur le bloc 4.
  • Des plages horaires flexibles permettent des compétitions très tôt le matin, lorsque les surfaces sont plus stables.
  • Recours possible à l’enneigement mécanique si nécessaire. Une option privilégiée par Sherbrooke à cause des températures trop hautes.
  • En fonction de la variation des températures les compétitions seront annulées ou reportées au-delà de 10 degrés Celsius ou en deçà de 20 degrés Celsius. 

Il est crucial d’avoir une flexibilité organisationnelle avec une forte latitude pour déplacer les compétitions. Ce qui distingue une organisation mature, ce n’est pas l’absence d’imprévus mais sa capacité d’adaptation.

On ne parle plus seulement d’organisation événementielle mais d’adaptation climatique.

Vers un nouveau standard du sport durable au Québec ?

Les Jeux du Québec 2026 ne sont pas parfaits, aucun événement de cette ampleur ne peut l’être. Mais cette édition démontre qu’un modèle québécois de transition durable dans l’événementiel sportif peut s’appliquer à tous les événements. 

On sort ici du concept d’événement éphémère. Si chaque comité organisateur adoptait une telle approche méthodique, l’impact serait considérable.

La vraie question devient :

“À partir de quand ce modèle deviendra-t-il la norme pour l’ensemble des événements sportifs au Canada ?”

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