Coupe du monde de snowboard – Crédit Québec Snowboard

2042 pourrait-elle représenter l’une des dernières grandes fenêtres climatiques pour organiser des Jeux d’hiver dans le pays ? C’est ce que nous demandons aux principaux concernés, les fédérations sportives canadiennes. Ce que vivent les stations et les fédérations n’est pas une impression. Il semblerait que le sport au Québec et au Canada se redessine et nous allons découvrir leurs solutions.

Directement exposés aux effets du changement climatique, les sports d’hiver entrent dans une phase de transformation. Les fédérations doivent désormais repenser leurs modèles, ainsi que le territoire. Saisons plus courtes, enneigement incertain, stations de ski fragilisées, entraînements adaptés : les défis sont bien réels et l’écosystème sportif commence déjà à se réinventer.
Avec une augmentation de la température à 1,5 °C, les sports d’hiver font face à une vulnérabilité de plus en plus grandissante.

Alors que le Comité olympique canadien analyse plusieurs scénarios pour accueillir de futurs Jeux, notamment une candidature Montréal–Québec à l’horizon 2042, une question se pose : Les Jeux olympiques d’hiver ont-ils encore un avenir au Canada ? Est-ce que 2042 serait notre seule fenêtre pour des jeux d’hiver ?

Donner la parole aux fédérations sportives

Pour mieux comprendre cette réalité, Sport+Eco a choisi de donner la parole aux fédérations sportives directement concernées.
Après un premier article consacré au Québec, puis un second à l’échelle canadienne, ce troisième volet se concentre sur les solutions concrètes mises en place sur le terrain.

Car au-delà du constat, une chose ressort : les fédérations ne subissent pas uniquement ces transformations, elles commencent déjà à s’adapter.


Pourquoi cette série ?

Cette série est née d’une chronique radio, animée par James Guilbaud, fondateur de Sport+Eco, sur les sports d’hiver et les changements climatiques. À travers cette chronique, un constat fort est ressorti : la grande vulnérabilité des sports d’hiver n’est plus théorique mais une réalité.

Ce fut une chance inouïe de prendre la parole à ce sujet, mais il nous semblait important de donner la parole aux principaux concernés. Car la mission de Sport+Eco est de donner une tribune aux acteurs du changement.

Écouter les chroniques dans le balado “Effet Durable” animé par Maude Desbois

  • Session 1 : « Jeux d’hiver : entre héritage durable et urgence climatique » – lien
  • Session 2 : « Milan-Cortina 2026 : durabilité, limites, et réalité climatique » – lien
  • Session 3 : « L’avenir des Jeux d’hiver » – lien
  • Session 4 : « Le sport d’hiver au Québec et au-delà : adaptation, résilience, opportunités » – lien

Ski Québec Alpin – Marchessault

Sport+Eco : Comment pourrions-nous faire pour y remédier?

Innover sur la neige et les infrastructures

Claude Alexandre Carpentier – Directeur général Ski de fond Québec

Pour Ski de fond Québec, l’adaptation passe par une approche structurée et scientifique. Un comité sur les changements climatiques, composé d’experts, travaille déjà sur plusieurs pistes :

  • optimisation de la neige de culture
  • entreposage de la neige (“snow farming”)
  • amélioration des sentiers et du damage
  • développement d’infrastructures hybrides (intérieures ou réfrigérées)

L’objectif est d’allonger la saison et stabiliser les conditions. Des modèles internationaux comme la Scandinavie ou des sites nord-américains inspirent déjà ces solutions.

Optimiser l’utilisation de la neige

Frederik Laberge – Directeur général Snowboard Québec

L’innovation passe aussi par une utilisation plus stratégique des ressources. Lors de certaines compétitions, comme à Mont-Sainte-Anne, les parcours sont déjà réalisés entièrement en neige artificielle.

Une piste explorée : « Une solution pourrait être de construire le squelette du parcours en terre pendant l’été. Cela demanderait beaucoup moins de neige en hiver et réduirait la consommation d’eau. »
Ces aménagements pourraient aussi être adaptés pour le grand public, maximisant leur utilisation.

Réduire l’empreinte matérielle et opérationnelle

Jocelyn Huot – Directeur général  Ski Québec Alpin

L’adaptation passe également par des actions concrètes sur les opérations :

  • réduction du plastique (portes de slalom, équipements)
  • optimisation des vêtements (réutilisation, production réduite)
  • réflexion sur les déplacements et leur empreinte carbone

Une approche simple mais structurante pour produire moins, utiliser plus longtemps et optimiser les ressources existantes.

« J’ai même proposé à notre commanditaire de garder les mêmes modèles pendant trois ans au lieu d’en faire de nouveaux chaque année. »

Repenser l’organisation des événements

Sophie Lafrance – Directrice générale Ski Acrobatique Québec

Les événements sportifs deviennent un levier clé d’adaptation. Plusieurs actions sont déjà mises en place :

  • réduction de l’empreinte carbone des compétitions
  • optimisation de l’alimentation, de l’hébergement et du transport
  • encouragement du covoiturage
  • adaptation des calendriers à des saisons plus courtes

Un enjeu central émerge : « il faut réfléchir à ce qu’on priorise pour le développement des athlètes, autant au haut niveau que pour la relève, dans un calendrier plus court. Le financement est aussi important, car aménager les sites peut coûter très cher. »

Lire davantage sur toutes les entrevues : Série Sport d’hiver : Quel avenir ? – Sport+Eco

Innover à l’échelle de l’industrie

Peter Judge – Directeur général Freestyle Canada (entrevue traduite en français)

À l’échelle nationale et internationale, l’innovation technologique joue un rôle majeur :

  • amélioration de l’efficacité des systèmes d’enneigement
  • développement du snow farming
  • optimisation de la consommation d’eau et d’énergie
  • la création de sites d’entraînement dans des zones climatiquement plus stables
  • la réduction des déplacements longue distance

« Snowmaking technology has also improved significantly. Systems are now much more efficient in terms of water use and energy consumption. So when you look at these developments, I think they help ensure the long-term sustainability of snow sports. »

Mais au-delà de la technologie, un principe fort ressort, c’est le leadership et l’exemplarité du sport comme levier d’influence.

Lire davantage sur son entrevue : Winter Sports Series: What Future? – Sport+Eco

La Presse Canadienne / Jeff McIntosh

Conclusion 

L’objectif de cette série est simple : contribuer à créer un espace de référence pour parler de sport et d’environnement, mais surtout offrir une tribune aux acteurs du sport qui agissent ou qui sont directement confrontés aux effets du changement climatique.

À travers ces derniers témoignages, on peut observer que les fédérations provinciales et nationales ont déjà pensé à des solutions pour un sport d’hiver plus résilient.

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