
Le 6 octobre, Montréal a accueilli la deuxième édition en personne de la Journée des sports verts au Canada. Sport+Eco s’est allié au Comité olympique canadien, afin de créer un rendez-vous unique, avec des discussions concrètes. Ce sont 55 leaders du sport canadien, fédérations, league pro, clubs et athlètes qui se sont réunis lors d’une conférence-déjeuner pour échanger sur les solutions climatiques et bâtir ensemble un avenir durable pour le sport. Un événement sur mesure qui traite autant de la place des athlètes que de la mutualisation des opérations et du tourisme pour une industrie plus résiliente.
Pourquoi une Journée verte du sport au Canada ?
Green Sports Day Canada : La journée des sports verts au Canada, célébrée chaque 6 octobre, met en lumière le rôle clé du sport dans la transition écologique. Cette journée est l’occasion de valoriser les initiatives durables déjà en place, de créer de nouvelles collaborations et d’encourager l’ensemble du secteur sportif à réduire son empreinte carbone, protéger ses terrains de jeu naturels et inspirer la société. Je vous invite à lire cet article : Le sport canadien passe au vert : le 6 octobre – Sport+Eco
En 2025, nous avions traité du sujet de l’écoresponsabilité dans le sport en comparant comment 2 événements sportifs avaient commencé leur transition environnementale, avec l’Omnium Banque Nationale et le Marathon Beneva de Montréal. On vous laisse découvrir ce qui est ressorti de la première édition dans cet article : https://sportpluseco.com/2025/10/06/green-sports-day-canada-2025-du-papier-aux-actions-concretes-pour-un-sport-plus-durable/
En 2026, Sport+Eco et le Comité olympique canadien ont choisi d’approfondir un autre levier : la mutualisation entre les organisations et les événements sportifs. Un sujet fort et d’actualité qui a tout son sens dans un milieu qui utilise beaucoup de matériaux et protocoles similaires.
La matinée s’est divisée en 3 parties, nous permettant de visiter plusieurs manières de créer de la valeur ajoutée grâce à l’écoresponsabilité. À l’aube des Jeux du Canada de Québec nous avons bénéficié du partage de Gabrielle Emond, coordonnatrice, développement durable et inclusion, pour nous parler de leur stratégie. Nous avons poursuivi la discussion avec un duo, Catherine Villiard Gravel, directrice, affaires sportives et développement durable au Comité olympique canadien, et Philippe Marquis, double olympien en ski acrobatique, entraîneur chez Freestyle Canada et membre du conseil d’administration des Jeux du Canada, afin de parler de l’engagement des athlètes olympiens dans cette cause. Puis, la matinée s’est terminée avec une discussion sur la mutualisation avec Maxime Berthiaume, directeur, sport et services aux événements, Championnats du monde et Grands Prix cyclistes Québec et Montréal, et James Guilbaud fondateur de Sport Plus Eco et aussi chargé de projets au marché sportif, Tourisme Montréal.

Jeux du Canada 2027 : intégrer la durabilité dès la planification
En discussion d’ouverture, nous avons eu Gabrielle Emond et James Guilbaud en modération pour nous parler des jeux du Canada 2027.
Nous avons appris que la vision en matière de développement durable est dirigée et partagée par 2 organismes différents avec la Conseil des Jeux du Canada (CJC) et la ville de Québec.
La stratégie repose sur trois priorités communiquées lors de la discussion : réduire l’empreinte environnementale des Jeux, sensibiliser les participants et les spectateurs, et adopter des approches innovantes.
Pour ce qui est de la ville de Québec, Gabrielle indiquait que c’est vraiment intégré dans le plan d’action climatique, puis dans leurs objectifs. Elle soulignait que les objectifs de la ville de Québec sont très complémentaires à ceux de la CJC, car ils travaillent sur des axes comme la mobilité durable, la réduction de déchets et la biodiversité qui sont assez complémentaires.
Plusieurs exemples présentés illustrent comment la mutualisation peut contribuer à limiter les besoins en nouvelles ressources. Gabrielle nous indiquait :
- Avoir récupérer du matériel de la coupe du monde de la FIFA mais mais aussi des Jeux du Québec,
- Ils vont faire de la mutualisation d’événements en conservant les installations du Pentathlon des neiges. De la même manière, sur le mont Saint-Anne, qui reçoit sur deux mois plusieurs événements “back-à-back”, ils vont reprendre les installations au lieu de tout devoir réinstaller.
- Ils ont réalisé des travaux d’excavation à Stoneham , leur permettant de réduire de moitié la fabrication de neige. Solution qui servira par la suite aux autres compétitions à Stoneham.
L’engagement des athlètes
En deuxième partie nous avons reçu Philippe Marquis et Catherine Villiard Gravel, afin de partager la vision et l’engagement de Philippe Marquis. Son parcours d’athlète et olympien à coach lui a ouvert les yeux sur les changements climatiques et les conséquences sur son sport.
Philippe Marquis nous partageait qu’il voyait déjà les effets négatifs des changements climatiques sur son sport, notamment avec la fonte des neiges à l’échelle mondiale. Pour les athlètes, ces changements représentent bien plus qu’un enjeu environnemental : ils compliquent la logistique des équipes, entraînent des coûts supplémentaires difficiles à absorber et réduisent les possibilités de pratiquer les sports de neige. Il évoque notamment une baisse de 25 % du nombre de journées de ski planifiées, ce qui soulève des inquiétudes sur l’accessibilité et l’avenir de ces disciplines. Cette réalité alimente une anxiété chez les athlètes, qui voient leurs sports se transformer.
Selon Philippe 85 % des athlètes se disaient préoccupés par l’environnement après les Jeux de Paris 2024.
Ce constat Philippe Marquis l’a observé depuis plusieurs années a travers ces expériences, ce qui le pousse à s’engager davantage. Après avoir commencé son implication avec Protect Our Winters, il a choisi d’utiliser sa voix d’athlète, puis son rôle de président de la commission des athlètes, pour contribuer à faire bouger les choses.
Mutualiser les événements : des exemples concrets au Québec
Pour la dernière partie de la matinée nous avons échangé sur la mutualisation des événements sportifs à Montréal. Conscient des contraintes financières et opérationnelles des organisations, il nous semblait important d’aborder le sujet avec des cas d’étude. Ce panel présentait un volet plus touristique.
Pour James Guilbaud, de Tourisme Montréal, son rôle est d’être un “facilitateur” donc de mettre en contact toutes les parties prenantes, notamment dans le contexte d’une candidature. Il mentionnait aussi être à l’initiative d’une “Tournée des champions » pour mutualiser le savoir. C’est une communauté de pratique autour d’événements sportifs accueillis à Montréal, afin de partager les expertises en événements des comités organisateurs. C’est un exemple très intéressant de mutualisation du savoir entre événements.
De son côté Maxime a vécu les Championnats du Monde de cyclisme de l’intérieur comme directeur, sport et services aux événements. Il indique justement avoir accueilli cette “Tournée des champions” dernièrement.
Maxime indique que les Championnats du monde sont les plus gros événements organisé à Montréal depuis les Jeux Olympiques de 1976.
La réussite de cette compétition repose sur la collaboration avec plusieurs parties prenantes comme la ville, le SPVM, les gouvernements, Tourisme Montréalet bien dautres. Les “Mondiaux”, communément appelé, ont permis de tester et pérenniser les infrastructures pour les Grands Prix cyclistes de Montréal qui se sont déroulés 2 semaines avant.
Les Grands prix de Québec et Montréal sont des événements testes, comme Maxime s’amuse à dire, depuis 15 ans. Permettant d’avoir des Mondiaux “exceptionnels”, encore selon Maxime.
Il ajoute “c’est une carte de visite à l’UCI.” “On est capable d’organiser une course d’un niveau World qui sont des courses qui sont reconnues par notre organisation, on est les seuls en Amérique. Donc quand il est venu le moment de faire la candidature pour les Mondiaux, c’était assez unique que le comité organisateur soit déjà organisateur d’une course sur le territoire.”
Ici aussi, au fil des discussions on comprend que le comité organisateur, le Groupe Tonic, a mutualisé beaucoup de logistique opérationnelle avec leur événement signature qui s’est déroulé quelques jours avant.
James a aussi travaillé sur une candidature pour accueillir des championnats nationaux avec Taekwondo Canada, au Palais des Congrès. Au cours du processus, il a proposé d’ajouter une autre compétition, aux mêmes dates, avec les Open de Taekwondo. Permettant ainsi de réduire les coûts opérationnels et de location de la fédération, au lieu d’avoir ces 2 événements dans 2 places différentes à différents moment dans l’année. Aussi, cette stratégie a considérablement réduit la fatigue chez les athlètes tout en augmentant son achalandage. Selon Taekwondo Canada ce sont une année record et ils ont décidé de garder ce format pour les prochaines années.
Preuve qu’une stratégie écoresponsable donne de nombreux avantages autant au niveau logistique et financier. Il suffit de trouver la bonne combinaison et les bons partenaires.
Une deuxième édition qui ouvre la voie à la suite
Ces exemples montrent que la réflexion environnementale ne se limite pas au jour de la compétition. Elle peut commencer bien en amont, au moment de planifier les sites, les achats, les installations et le calendrier.
Cette deuxième édition démontre qu’il y a un besoin dans le sport canadien. La communauté est à l’écoute des solutions pour agir dans leur propre sport.
Cet événement est une occasion unique d’apprendre et de s’inspirer grâce aux autres. Le sport mobilise et n’a pas de frontière, c’est à nous de l’utiliser pour passer les bons messages afin de s’assure de sa durabilité. Québec dispose d’un bassin incroyable de comités organisateur et de joueurs avec une forte volonté de faire bouger les choses. Saisissons cette opportunité !
Quelle est l’initiative écoresponsable que votre organisme a mis en place cette année ?
Partagez vos actions dans les commentaires et inspirez la communauté !
Publié par
James Guilbaud




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