
Près de 1 000 athlètes hommes et femmes, 100 pays, 13 titres mondiaux et 9 jours de célébration du vélo, autour des Mondiaux UCI 2026. Il s’agit de la plus importante compétition sportive organisée à Montréal depuis les Jeux Olympiques d’été de 1976. Mais après cette frénésie de plus d’une semaine et 500.000 spectateurs au bord des routes, une question demeure :
qu’est-ce qui reste?
Lorsqu’on regarde l’héritage des événements de grande envergure, on l’associe souvent à des stades neufs, des villages d’athlètes ou des infrastructures de grande taille. Une tendance qui semble changer où les comités organisateurs cherchent à limiter leur impact environnemental avec des héritages matériels, souvent trop grands pour être utilisés à leur plein potentiel après l’événement. Plutôt que de construire systématiquement de nouvelles infrastructures pour répondre aux besoins d’une compétition, plusieurs événements misent davantage sur l’utilisation, la rénovation ou la transformation d’installations existantes
La Coupe du monde de la FIFA 2026 et les Jeux olympiques 2026 sont deux exemples récents et ayant adopté cette stratégie, wn limitant la construction d’infrastructures pour leur compétition. D’ailleurs, pour la FIFA, ils ont uniquement utilisé des installations déjà existantes pour toute la durée de la compétition. Le tout dans un souci d’impact environnemental.
Donc on peut se poser la question, est-ce qu’on peut encore avoir des legs matériels dans l’événementiel sportif ?
Les Mondiaux 2026 : un événement hors stade
C’est là que le cas des championnats du monde route UCI 2026 devient intéressant, car le comité organisateur, le Groupe Tonic, s’est posé la question de comment laisser un leg dans une compétition qui ne requiert pas l’utilisation d’un stade ou d’une installation. Donc qu’est-ce qui reste après ?
Une expertise
Montréal accueille les Mondiaux, 52 ans après ceux de 1974, qui furent les premiers Championnats du Monde Route organisés hors de l’Europe. Depuis 2011, le Groupe Tonic organise les Grands Prix de cyclisme du Québec et de Montréal. C’est un héritage très important qui a mené à de nombreuses autres initiatives mettant le vélo de l’avant à Montréal.
Une expertise forgée sur 15 années d’organisation d’un événement international représente un autre type de legs : des équipes expérimentées, des bénévoles, des fournisseurs, des partenaires, des procédures et une connaissance pointue de l’organisation d’événements de cyclisme de haut niveau.
C’est d’ailleurs grâce à cette expertise prouvée qu’ils ont réussi à convaincre l’UCI de faire venir les Mondiaux à Montréal. Ce qui, à son tour, rehaussera sûrement les Grands Prix de cyclisme du Québec et de Montréal dans les prochaines années.
Un leg sur route, hors stade
Les Championnats laissent à la ville de Montréal et ses nombreux cyclistes des legs matériels concrets, comme plus de 15 km de voies cyclables pour les usagers avec le réaménagement de la voie Camillien-Houde, sur le Mont Royal, et les interventions réalisées sur la Voie maritime.
Pour les Mondiaux 2026, il y a eu une réfection d’un segment d’environ 2,2 km de la voie Camillien-Houde avant la compétition. Cette intervention s’inscrit dans un projet de réaménagement beaucoup plus vaste du secteur du Mont Royal. Eurovia, la compagnie québécoise de construction qui a réalisé cette réfection, confirme que ce segment de 2,2 km a été réalisé en un temps record de moins d’une semaine.
Des interventions majeures ont également été effectuées sur la digue de la Voie maritime à Montréal, représentant une modernisation majeur de 13,4 kilomètres de voies cyclables entre le Parc Jean-Drapeau et l’estacade de Sainte-Catherine.
Ces deux axes sont probablement les plus empruntés par les cyclistes Montréalais de par leur beauté et leur technicité.
Montréal 2026 indique que son plan de legs a été élaboré avec plus de 20 organisations et regroupe près de 50 actions, touchant notamment la mobilité durable, les saines habitudes de vie, la parité et l’inclusion, la culture et le sport, le développement économique et la transmission de savoir-faire.
Les Mondiaux Route UCI 2026 en quelques chiffres
- 20 au 27 septembre 2026
- 1 000 athlètes
- 13 titres mondiaux
- 100 pays annoncés par l’organisation
- près de 500 000 spectateurs
- plus de 200 millions de téléspectateurs
- Montréal, deuxième édition après 1974

Montréal la ville de vélo
Il va être difficile de détrôner Montréal comme ville de vélo après une compétition et un succès aussi important.
Mais les mondiaux n’ont pas créé la culture du cyclisme à Montréal, elle existait déjà avec une mobilité active forte. Notamment avec un réseau cyclable de Montréal s’étend sur 1 083 kilomètres au total, dont 740 kilomètres sont praticables et déneigés toute l’année. On peut parler d’un réseau 4 saisons.
D’ailleurs, la ville de Montréal a reçu le label UCI Bike City en 2023.
Les premiers Mondiaux à parité hommes-femmes
Ce sont les premiers Championnats mondiaux Route UCI avec un programme à parité hommes-femmes. Cette édition pourrait laisser un héritage important pour le cyclisme féminin Canadien. Le cyclisme féminin notamment québécois a déjà prouvé son excellence avec la championne du monde de 2025 Magdeleine Vallières Mill.
On espère que les Grands Prix de cyclisme du Québec et de Montréal ajouteront une étape 100% féminine pour l’édition 2027.
Car selon Égale Action, 1 fille sur 3 abandonne le sport d’ici la fin de son adolescence, comparativement à seulement 1 garçon sur 10.
Ce type d’événement donne une nouvelle dimension au sport féminin et à la résilience du sport.

Conclusion
Un événement n’a pas nécessairement besoin de construire une nouvelle infrastructure pour laisser un héritage et être une réussite.
Selon le Comité organisateur des Mondiaux 2026, » la réussite de Montréal 2026, c’est de faire vivre un moment exceptionnel aujourd’hui, tout en construisant ce qui viendra demain. » Comment ont-ils réussi leur pari?
Au-delà des belles images, cet événement laissera de nombreuses retombées positives pour le cyclisme au Canada. Les tendances et mentalités changent. Au lieu de bâtir du nouveau on rénove ou on favorise les installations déjà existantes.
Publié par
James Guilbaud




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