Stade Toronto (BMO Field) lors de la coupe du monde de la FIFA 2026

Pourquoi la mobilité représente souvent plus d’émissions qu’un stade lui-même ?Entre les rues fermées aux véhicules et l’augmentation des stations de vélo dans la zone autour du Stade Toronto et de la Fifa Fan Zone, la ville de Toronto mise sur la mobilité douce pour décarboner Toronto et transporter les milliers de partisants lors de la Coupe du Monde FIFA 2026.

Dans cet article, nous allons nous concentrer sur la ville de Toronto afin d’observer comment la municipalité a l’intention de réduire l’impact des 6 matchs qu’elle va recevoir cet été, pour la Coupe du monde de la FIFA 2026.

Toronto et Vancouver vont accueillir 13 matchs des 104 matchs prévus, lors de la Coupe du monde. C’est une incroyable opportunité de tirer avantage d’un tel méga-événement pour mettre en place des initiatives écoresponsables qui seront pérennes, comme un héritage pour les prochaines compétitions.  
Comme on a vu dans l’article précédent sur la gouvernance de la Coupe du monde en termes d’impact environnemental, la FIFA indique qu’elle se concentre sur « la réduction des impacts environnementaux, la mise en œuvre de solutions exemplaires et la sensibilisation aux enjeux climatiques ». Pour ce faire, chaque ville doit mettre en place un plan d’action pour réduire l’impact d’un tel événement.

Pourquoi la mobilité est-elle si importante ?

Lors des grands événements sportifs, les déplacements des spectateurs et des équipes représentent souvent l’une des principales sources d’émissions.
Les jours de matchs, la ville de Toronto voit la population locale croître fortement. Ce sont plus de 65 000 personnes qui se déplaceront en même temps pour se rendre au stade et rentrer chez elles, lors des jours de matchs. Le Toronto Stadium peut accueillir plus de 45 000 spectateurs, tandis que la zone FIFA Fan Festival peut aller jusqu’à 20 000 personnes. Dans ce contexte, la ville de Toronto a mis en place un plan de mobilité important pour assurer les flux de personnes importants mais surtout réduire l’impact carbone au niveau des véhicules.


La stratégie de Toronto repose fortement sur la gestion des transports et la réduction des déplacements automobiles pendant la Coupe du Monde de la FIFA 2026, en particulier dans les zones du Toronto Stadium et du Festival des Fans de la FIFA.


Contrairement à certaines villes hôtes ayant mis en place des services spéciaux plus coûteux pour accéder aux sites de compétition, Toronto a choisi de maintenir des tarifs réguliers pour le transport collectif.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, et GO Transit ont privilégié une augmentation de l’offre de service, notamment par l’ajout de trains et d’autobus, afin d’absorber l’achalandage supplémentaire sans pénaliser financièrement les usagers.

La Ville a publié un plan de mobilité officiel prévoyant :

  • Les transports en commun seront le principal moyen de se rendre aux matchs, avec une augmentation du service de transport ;
  • Aucun stationnement public est disponible autour du stade et du FIFA Fan Festival, les jours de match ;
  • Les corridors piétons et cyclables sont bonifiés, avec davantage de stationnements pour les vélos ;
  • Les opérations de circulation, le timing des feux et les ajustements de l’application seront effectués pour gérer l’augmentation de la demande ;
  • La fermeture des rues autour du stade et de la fan zone assure la sécurité des visiteurs mais en évitant la circulation des véhicules.

Des citoyens craignent des perturbations importantes dans la mobilité urbaine, lors de la Coupe du Monde. Donc, la vraie question n’est pas seulement de savoir comment transporter les spectateurs pendant quelques semaines mais  de savoir si les investissements réalisés aujourd’hui permettront d’améliorer durablement la mobilité des citoyens de Toronto après la compétition.

Les zones fermées à la circulation autour des 2 zones pour la Coupe du monde de la FIFA 2026

Rénovation du stade – renommé Toronto Stadium

Bien que plusieurs rénovations aient été réalisées au Toronto Stadium en vue de la Coupe du Monde, la majorité des investissements annoncés visent principalement à répondre aux exigences opérationnelles de la FIFA et à améliorer l’expérience des spectateurs. Contrairement au Rogers Center qui a mis en place un système très performant pour détourner les dechets de l’enfouissement. – En savoir plus lire – Toronto Blue Jays : comment l’équipe canadienne de la MLB est devenue un modèle de sport durable – Sport+Eco 

Le stade hôte, anciennement BMO Field (renommé “Toronto Stadium” pendant le tournoi selon les règles FIFA), a bénéficié d’améliorations technologiques et opérationnelles plus durables :

  • Installation de quatre nouveaux panneaux vidéo, avec une résolution améliorée sur plus de 5 millions de pixels LED, pour une meilleure efficacité et durabilité. 
  • Éclairage LED de stade pour répondre aux spécifications de diffusion de la FIFA et améliorer l’expérience le jour du match. 
  • Modernisation énergétique partielle.

Il est mentionné qu’il y a un agrandissement temporaire de la capacité. Ce point est très important. Contrairement à ce que nous pouvons penser, le temporaire peut avoir une logique plus durable qu’un potentiel agrandissement en dur et permament, qui ne sera pas utile par la suite car le stade ne requiert pas plus de capacité pour son utilisation annuelle. 

Réduire les plastiques à usage unique : une ambition encore perfectible


Alors que les villes investissent dans des infrastructures favorisant le réemploi, la FIFA autorise les spectateurs à apporter des bouteilles d’eau jetables scellées dans les stades. Ce qui soulèvent des questions sur la pertinence de mettre autant d’effort dans les solutions mises en place et aussi sur la cohérence avec la volonté de réduire son impact.


En effet, le Secrétariat FIFA WC26 de Toronto a investi 200 000 $ dans un programme de gobelets réutilisables, détournant ainsi des centaines de milliers de produits à usage unique des sites d’enfouissement dans le stade et les zones Festival des Fans de la FIFA. Elle installe également des stations de remplissage d’eau gratuites dans les sites de la FIFA, ce qui pourrait éviter l’utilisation de jusqu’à un demi-million de bouteilles d’eau à usage unique.


Malheureusement, nous observons de la contradiction dans le message envoyé par la FIFA suite à ces améliorations des installations sportives. Je cite Heimo Schirgi, Chief Opertaing Officer at FIFA World Cup 2026 “All fans will be permitted to bring in one, soft, plastic, 20 ounces (590ml), factory sealed disposable water bottle into any FIFA World Cup 2026 match in the USA and Canada.” Donc les spectateurs peuvent apporter leur propre contenant au stade lors d’un match, à condition qu’il soit en plastique souple, d’une taille de 590 ml et fermé, pour des raisons de sécurité.

Le but de mettre des stations de remplissage d’eau dans les stades est bien de diminuer la consommation de bouteilles en plastique à usage unique ?

D’ailleurs, la ville de Toronto avait exprimé son inquiétude auprès de la FIFA concernant les enjeux de ne pas autoriser l’accès aux bouteilles réutilisables pour les spectateurs, notamment avec la chaleur et les risques de déshydratation lors des matchs.

Zone Fan de la FIFA à Toronto – Photo Radio-Canada

Conclusion : Bilan pour Toronto

La ville de Toronto a fait le choix de miser sur la mobilité durable pour limiter l’impact environnemental de la Coupe du Monde FIFA 2026.
Un enjeu important lors d’événement de cette envergure avec des dizaines de milliers de visiteurs qui se déplacent dans une zone réduite mais aussi pour faire accepter et rassurer les citoyens, sur le trafic que ça peut engendrer.
Avec une quantité aussi importante de visiteurs, la consommation a aussi un effet important sur L’empreinte carbone d’un événement. Donc la réduction des produits à usage unique constituent un des deuxième principaux leviers identifiés par la ville.

Dans notre prochain article de la série “FIFA 26”, nous nous intéresserons à Vancouver, une ville qui a choisi une approche différente en mettant davantage l’accent sur la gestion des déchets, l’économie circulaire et l’intégration aux objectifs climatiques municipaux.

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