
Sport+Eco lance une série d’articles sur la Coupe du Monde FIFA afin de mieux comprendre comment l’une des compétitions les plus grandes au monde prend en compte les enjeux environnementaux. L’ampleur de l’événement, les déplacements internationaux et la multiplication des matchs soulèvent des questions légitimes sur son empreinte carbone globale. La responsabilité n’est pas uniquement sur la FIFA mais bien sur chaque ville hôte et les installations sportives qui accueilleront les parties de soccer. Comment coordonner 16 villes hôtes, 3 pays et des millions de spectateurs autour d’objectifs environnementaux communs ?
Découvrez les articles de la série « FIFA 2026 »
3 – Vancouver – réduire les déchets et intégrer la stratégie climatique locale
4 – La Coupe du monde de la FIFA 2026 pourrait-elle être la plus chaude de tous les temps ?
5 – Les stades les plus durables de la Coupe du Monde 2026
Pourquoi la gouvernance est-elle un enjeu majeur ?
La Coupe du Monde FIFA 2026 sera la plus importante de l’histoire :
- 48 équipes ;
- 104 matchs ;
- 16 villes hôtes ;
- 3 pays ;
- Plusieurs millions de spectateurs attendus.
Dans un tel contexte, la question n’est plus seulement de savoir quelles initiatives environnementales mettre en place, mais de savoir comment coordonner des dizaines d’organisations, de gouvernements, de villes et d’infrastructures autour d’objectifs communs.
C’est précisément pour répondre à ce défi que la FIFA a développé une structure de gouvernance environnementale spécifique. Pour la première fois dans l’histoire de la FIFA, les exigences en matière de développement durable et de droits humains ont été intégrées dès le processus de candidature et de sélection des villes hôtes.
Cela ne signifie pas que la FIFA a résolu tous les défis environnementaux associés à un événement de cette ampleur. Toutefois, il nous semble intéressant d’analyser comment la Coupe du Monde 2026 a intégré les enjeux environnementaux dans la planification et à la gouvernance d’un méga-événement sportif.
“Les villes hôtes sont des partenaires clés, mais aussi les marqueurs de l’héritage de la compétition. Elles veilleront à ce que l’épreuve ait des retombées positives pour la population et aide à atteindre durablement les objectifs environnementaux.” Amy Hopfinger, Directrice stratégie et planification de FIFA26 Inc.
Les quatre piliers de la stratégie FIFA 2026
Pilier environnemental : Réduction des impacts liés à l’énergie, aux déchets, aux transports et aux ressources.
Pilier social : Inclusion, accessibilité, diversité et retombées positives pour les communautés.
Pilier économique : Création de valeur pour les territoires hôtes et les parties prenantes.
Pilier gouvernance : Transparence, reddition de comptes et coordination des acteurs impliqués.

Les villes hôtes au cœur de la stratégie environnementale
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la FIFA ne pilote pas les actions écoresponsables lors de la Coupe du monde. Pour réduire les retombées négatives de la compétition sur l’environnement, la FIFA propose des solutions fondées sur la mutualisation des bonnes pratiques, entre villes hôtes, et la sensibilisation de l’opinion publique au changement climatique. La FIFA fixe le cadre basé sur les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU.
On peut y voir une approche décentralisée où la FIFA exige des villes hôtes qu’elles incluent dans leurs plans des objectifs et initiatives visant à tirer parti de l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA pour accélérer la planification et la mise en œuvre de projets en faveur de l’environnement.
Il est donc de la responsabilité des villes de développer une stratégie complète de développement durable adaptée à la réalité et aux besoins locaux.
Le Forum de l’environnement : un laboratoire de partage des bonnes pratiques
Pour favoriser les échanges entre les villes hôtes, la FIFA a créé un “Environmental Forum” réunissant :
- les responsables environnement des villes hôtes ;
- les responsables environnement des stades ;
- les représentants de la FIFA.
L’objectif principal de ce forum est de permettre aux villes de partager leurs expériences et leurs solutions, comme une communauté de pratique pour arriver à réduire au maximum l’empreinte carbone de l’événement.
Cette logique de collaboration permet d’éviter que chaque ville reparte de zéro et puisse bénéficier des apprentissages de chacune. Par exemple, une initiative efficace développée à Vancouver sur la gestion des matières résiduelles peut ainsi inspirer Toronto ou Seattle.
La responsabilité n’est pas uniquement sur la FIFA mais bien sur chaque ville hôte et les installations sportives qui accueilleront les parties de soccer.
Un modèle réplicable ?
Même si peu d’événements sportifs atteignent l’échelle d’une Coupe du Monde, plusieurs principes sont transférables.
Ce modèle est particulièrement intéressant car il rompt avec une logique selon laquelle chaque organisateur travaille de manière isolée. Une approche qui pourrait inspirer de nombreux événements sportifs au Canada, dans le développement durable dans le sport.
- 1. Nommer un responsable environnement
- 2. Se fixer des objectifs mesurables
- 3. Favoriser le partage des bonnes pratiques
- 4. Intégrer l’environnement dès la planification
La structure de gouvernance en matière de développement durable de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 a été conçue de façon à faciliter la collaboration à veiller à ce que toutes les exigences soient respectées et à ce que toutes les opportunités soient saisies dans la mesure du possible.
Conclusion : La gouvernance de la Coupe du Monde FIFA 2026 est-elle idéale ?
On peut se demander à qui revient la responsabilité ou l’imputabilité de l’impact environnemental de cet événement sportif planétaire. Dès la candidature, chaque partie prenante doit jouer un rôle dans l’application de la stratégie mais surtout partager la responsabilité.
La FIFA a réussi à transférer la responsabilité et la réussite environnementale de la Coupe du Monde 2026, qui ne dépend plus uniquement de la FIFA, mais de la capacité de chaque ville hôte à transformer les ambitions en projets concrets.
Dans les prochains articles de cette série, Sport+Eco analysera les initiatives mises en place par la ville de Toronto et celle de Vancouver afin de comprendre comment les villes canadiennes tentent de transformer cet événement mondial en héritage durable.
Il va être intéressant d’observer l’angle de chacune des villes et ce qui aura été prioritaire selon les enjeux locaux.
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