L’équipe canadienne de gymnastique remporte l’or aux Jeux du Commonwealth 2026 – Picture by Naomi Baker/Getty Images 2026

Construire de nouveaux stades, multiplier les sites de compétition et déplacer des milliers d’athlètes deviennent des modèles de plus en plus difficiles à justifier. Les Jeux du Commonwealth de 2026 donnent un élan à la durabilité du sport en offrant un nouveau modèle de “Jeux” plus durable. Faire moins pour faire mieux!


Commonwealth Sport Canada s’aligne sur ce nouveau modèle et va plus loin dans sa démarche de réduire l’impact environnemental de toute l’équipe tout en inspirant les athlètes. « Notre stratégie de durabilité va bien au-delà de la réduction des émissions », souligne Ryan Pelley. En 2022, ils ont commencé fort en réduisant de moitié leur empreinte carbone puis en compensant ce qui avait été émis. Envoyer une équipe à une compétition aura toujours un impact sur l’environnement, mais la vraie question est comment les envoyer sans avoir un impact trop important.

En dehors de l’organisation des jeux du Commonwealth, comment une équipe nationale peut agir pour réduire son empreinte et celle indirecte de la compétition ?

Qu’est-ce que les Jeux du Commonwealth ? – un nouveau modèle de Jeux 

Le Canada est l’un des pays fondateurs des Jeux, créés en 1930 et y participe depuis la première édition. Pour l’édition de Glasgow 2026, Équipe Canada sera représentée par environ 250 athlètes, accompagnés d’entraîneurs et de membres du personnel de mission.
Pourquoi Glasgow 2026 réduit le nombre de sports ?
Originellement, ce sont plus de 4000 athlètes qui s’affrontent dans une vingtaine de disciplines / sports et parasport. (19 sports en 2022). La spécfiicité de 2026 est que l’organsateur de Glasgow a décidé de réduire le nombre de sport à 10 disciplines. Gardant uniquement les sports suivants :

  • Athlétisme et para-athlétisme
  • Natation et para-natation
  • Cyclisme sur piste et para-cyclisme sur piste
  • Gymnastique artistique
  • Boxe
  • Judo
  • Netball
  • Basketball 3×3 et basketball en fauteuil roulant 3×3
  • Haltérophilie et para-powerlifting
  • Bowls et para-bowl



Ils réuniront environ 3 000 athlètes issus des 74 nations et territoires du Commonwealth, contre plus de 5 000 à Birmingham en 2022, dans le cadre d’un modèle visant à réduire les coûts et l’empreinte environnementale de l’événement.

Greener Games


La vision de Glasgow 2026 est d’offrir des Jeux plus verts que ceux déjà organisés, appelés « A Greener Games ». L’approche du comité organisateur de Glasgow, est de faire un événement à faible émission de gaz à effet de serre, circulaire et efficace dans son utilisation des ressources. Ça commence par supprimer ou réduire plusieurs éléments :

  • Utiliser le moins d’installations possible, tout en gardant un calibre mondial, et surtout déjà existantes. D’ailleurs la zone géographique sera réduite à 13km pour l’ensemble des jeux afin de rapprocher les athlètes et visiteurs.
  • Réduisant ainsi le nombre de disciplines / sports passant de 19 à 10 sports
  • Ce qui réduit le nombre d’athlètes passant de 5000 à 3000 athlètes comparativement à Birmingham en 2022.



L’ambition des Jeux de 2026 serait d’être planifiés autour de sites de compétition utilisant de l’électricité renouvelable, avec des transports électriques et hybrides lorsque cela est possible, ayant des stations de remplissage de bouteilles d’eau, munis d’un système de recyclage optimisé, en réduisant les plastiques à usage unique, avec des initiatives de réutilisation et de recyclage ainsi qu’un objectif de zéro déchet enfoui.

L’ensemble de ces mesures a pour but de démontrer qu’il est possible d’organiser de grands événements sportifs internationaux en réduisant son empreinte environnementale tout en offrant une expérience de haut calibre aux athlètes.

Ethan Katzberg bat le record au lancer du marteau des Jeux du Commonwealth – Photo : Getty Images / Ben Stansall

Comment Commonwealth Sport Canada est devenu carboneutre en 2022 ?


L’Équipe Canada a atteint la carboneutralité pour les Jeux du Commonwealth de Birmingham 2022. Commonwealth Sport Canada avait anticipé une émission de 750 à 900 tonnes, pour toute la délégation avant les Jeux de 2022. Cela prend en compte les voyages des athlètes, du personnel, l’alimentation, les déplacements sur place et l’hébergement. Nous appelons plus communément ça le SCOPE 3 (lien GP F1), donc les émissions carbone indirectes à la compétition.

Les émissions totales de la mission ont été calculées à 475 tonnes de CO₂e, soit beaucoup moins que l’estimation initiale de répartition des émissions :
– 94,3 % : transport aérien
– 2,8 % : alimentation
– 1,8 % : transport terrestre
– 1,1 % : hébergement.

Les émissions résiduelles ont été compensées grâce à des crédits carbone certifiés canadiens achetés auprès de LivClean.

Stratégie du Canada pour 2026

Avec des Jeux sous un nouveau modèle ambitieux et durables, Commonwealth Sport Canada souhaite eux aussi aller plus loin en s’allignant sur ce modèle et créant ainsi une heritage durable à l’équipe Canada.

Les trois piliers de la stratégie environnementale 2026


Le thème de l’équipe Canada pour 2026 est intitulé “Bâtir un avenir plus durable grâce au sport” en se reposant sur trois piliers stratégiques :


  • “Action et responsabilisation : réduire l’empreinte environnementale d’Équipe Canada grâce à une planification responsable, à la mesure des gaz à effet de serre et à la compensation carbone canadienne vérifiée.
  • Sensibilisation : tirer parti du rayonnement d’Équipe Canada et de ses athlètes pour promouvoir la protection de l’environnement et inspirer des gestes positifs.
  • Éducation et renforcement des capacités : fournir aux athlètes, aux entraîneurs, au personnel de mission et aux partenaires des outils et des connaissances pratiques afin de favoriser des comportements durables avant, pendant et après les Jeux.”

Dans le cadre de cette stratégie, Commonwealth Sport Canada visera de nouveau la carboneutralité de la mission d’Équipe Canada à Glasgow 2026 grâce à une approche globale axée sur :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre partout où cela est possible;
  • la mesure des émissions associées aux activités d’Équipe Canada pendant les Jeux;
  • la compensation des émissions inévitables grâce à des solutions climatiques fondées sur la nature et vérifiées au Canada.

Les initiatives de réduction comprennent l’optimisation des déplacements et de la logistique, la diminution des matériaux à usage unique, l’intégration de pratiques durables aux opérations des Jeux ainsi que l’encouragement de comportements écoresponsables au sein de la délégation d’Équipe Canada.

Conclusion : Un nouveau modèle pour les grands événements sportifs ?


Et si l’avenir des grands événements sportifs passait par des Jeux plus compacts, plus sobres et mieux intégrés dans les infrastructures existantes ?
N’est-ce pas là le nouveau modèle des Jeux ?

Pendant des décennies, le succès d’un grand événement sportif se mesurait au nombre de sports, d’athlètes, de sites ou de spectateurs. Glasgow 2026 propose un autre indicateur.

Une des émissions les plus fortes d’un événement est due aux trajets des personnes, qu’il s’agisse des participants ou des spectateurs, autant au niveau international que sur les déplacements locaux. Les Jeux olympiques misent maintenant sur des installations déjà existantes afin de réduire l’utilisation de matières premières pour la construction d’une installation souvent très grande et onéreuse pour la ville hôte. Donc les villes qui accueillent les jeux deviennent des pays qui accueillent les jeux en utilisant les installations déjà existantes à proximité ou dans le pays. Une solution bien accueillie et noble, mais il reste les déplacements domestiques, dits locaux, entre ces villes qui peuvent avoir un impact important sur les émissions de carbone de la compétition. Le nouveau modèle proposé des Jeux du Commonwealth serait de se limiter au nombre de disciplines pouvant se dérouler dans les installations de la ville hôte uniquement, supprimant ainsi toutes les disciplines ne pouvant être accueillies. Dans ce scénario, nous évitons un nombre croissant de déplacements de participants et ainsi de spectateurs qui viennent souvent simplement pour une ou 2 compétitions.

Est-ce qu’un grand événement durable doit forcément être plus petit ?

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